Il y avait 59 chansons, que j’ai envoyées à Maïlys De Valon, ma grande amie. Ça s’étale sur une période allant de 2003 à 2017. Elle a choisi ses 11 préférées. Les voici réunies en un album, pour vous, pour toi.

Merci La Souterraine.

Paru le 14 février 2021, par morceau :

01 Chaque matin

Cette Kalimba (piano à pouces), je me la suis procurée à Saint Nazaire, en 1997, alors que je travaillais sur le chantier de décoration du festival des escales. la seconde partie du texte (de « et quand je me lève » à « dans la glace ») est une réécriture de mon amoureuse, Laura Berg.

02 Il y a longtemps

ce texte s’est forgé sur les scènes de slam de poésie rennaises avant de devenir une chanson. Quelques ajouts musicaux ont été faits alors que le titre faisait partie du répertoire des Princesses de Clèves.

03 Petit chat

Cette chanson a été écrite le même soir que « tu peux faire ce que tu veux », dans l’appartement qu’Alice M m’avait prêté, alors que j’animais des ateliers d’écriture à la prison des femmes de Rennes. C’est pas tous les soirs qu’on écrit deux chansons à la suite. Je me souviens, elle avait laissé « songs from a room » de Léonard Cohen, je me le suis fait en boucle, je ne connaissais pas.

04 Cent ans

Ce doit être une des plus anciennes chansons de cet album. Laura m’avait parlé d’un poème, écrit par une résidente, dans un magazine de santé ou il était question de fin de vie en maison de retraite. La dame avait écrit « j’ai jeté mes cent ans dans la Seine ». Cette phrase m’a hanté. Il y avait aussi cette petite légende familiale d’une arrière grande tante qui avait dit « j’arrive », en se couchant, au portrait de son défunt mari, avant de s’éteindre dans son sommeil.

05 Deuxième étoile

C’était un dimanche matin, 2003 ou 2004, les odeurs de la déchetterie voisine de notre appartement étaient particulièrement fortes, et j’écoutais beaucoup Diabologum, Michel Cloup, ce genre de trucs, mais je voyais bien que j’étais pas dans le même délire d’écriture, ce qui peut expliquer la rage du riff de guitare. Au début, j’ai vraiment fait ça pour ensuite rajouter une batterie et une basse, puis en réécoutant, je me suis dit « mh, ça peut le faire comme ça », et ensuite de ne pas pouvoir m’empêcher de rajouter des choeurs un peu faux, sucrés et fantasques, qui puisaient dans mon imaginaire du côté de Gong, période Camembert électrique.

06 Emilie

Je vous laisse deviner si cette personne existe vraiment, si on a essayé un après midi d’écrire de la musique ensemble, que ça n’a pas vraiment marché mais que son souvenir m’a tatoué l’intérieur du cerveau aussi fort que sont marqués ces traits sur ses bras.

07 Il vit

C’était ce que je m’imaginais de ce travail acharné de dessin qui me ravissait mon meilleur ami de lycée, qui n’avait pas eu la bonne idée de venir avec moi rater ses études, entre deux bars, deux répétitions musicales et deux scènes ouvertes de poésie.

08 Procé

à 14 ans, on croit être les premiers du monde à fumer des pétards dans ce parc, autrefois fréquenté par André Breton. On apprendra bien plus tard qui était André Breton. En attendant, on peut spéculer beaucoup d’après midis oisifs sur le fait qu’il y ait un chien, ou pas, la nuit, derrière les vieux remparts.

09 I love you

Au début c’était Damien, le batteur des Heltie Skelties, qui chantait le couplet, et moi qui faisait les « I love you ». Ça fonctionne un peu mieux avec deux voix.

10 Dernière écriture

Parfois, cette chanson, je ne la supporte pas. Et puis ça revient. Si ça se trouve, quelqu’un peut dire ça d’une veste avec un style très marqué, à se dire parfois « oh non, ça, c’est pas moi, pas possible » et de vouloir la jeter, puis un autre jour de bénir les dieux de l’avoir traîné de déménagement en déménagements.

11 Refuge

C’est parti d’un après midi avec un collègue surveillant de lycée qui passait les concours infirmiers. J’étais comme un fou avec un dispositif dans lequel j’avais branché deux magnétophones multipistes à bandes magnétiques qui se répondaient. Je courais dans tous les sens. Le gars a fini par se barrer (désolé, c’est pas mon truc, la musique, en fait). Quand il est parti, j’ai commencé à mettre du texte.