J’ai pris contact avec Pedro pendant le confinement. Nous sommes alors devenus amis par téléphone.

Après l’album que j’avais sorti à la Souterraine, je lui ai envoyé une quarantaine de morceaux , d’ans l’idée d’y piocher la matière pour sortir quelque chose sur son Label Somewhere in Katchamka Records.

Il a fait son choix, puis ordonné les chansons selon le cycle des quintes, comme il aime à le faire.
Il les a ensuite masterisés.

Nous avons pris une photo qu’Ambre (dont je n’ai plus de nouvelles aujourd’hui) avait prise du port de Marseille, que j’ai superposé à la photo très ancienne de mon permis, un peu pour faire comme sur la pochette de « all time greatest hits » de Marty Robbins.

Nous avons pris une photo de Lou Anne Pastol pour le dos de la pochette. Le garçon qui court sur l’image s’appelle Gabriel.

Nous avons choisi pour le rond du CD (qui n’existe pas encore sous la forme de CD) une photo de Barbara Beuken, qui rappelle la pochette de « Way to blue : an Introduction to Nick Drake ».

01 « Ce que tu veux » est un morceau qui parle de jalousie et de liberté. ça prend plus racine dans des ateliers d’écriture que j’ai animé en prison que dans l’amour. Je l’ai beaucoup joué au sein du trio Princesses de Clèves, mais là, il s’agit d’une version acoustique, toute simple.

02 « Tu » traite exactement des mêmes sujets que ci-dessus, mais cette fois dans l’histoire d’un couple, oui, amoureux, voire plus. À l’époque, j’ai essayé de faire des arrangements de type « médiéval », mais j’écoutais beaucoup trop Dominique A pour ça.

03 « Tapis vert » est une chanson co-composée à Strasbourg avec Laurent Moreau, genre en 2007, dans le cadre d’un duo : Nolène, qu’on avait formé dans la suite du groupe Nihn. On se disait : « trois jours de travail, trois chansons », « cinq jours de travail, cinq chansons ». Lui était né à la campagne, moi j’étais encore vachement citadin.

04 « Julie » j’ai essayé plein de textes, sur cette mélodie, sans succès, jusqu’à amalgamer des souvenirs de fête de n’importe quoi avec Julie R, Flo et Elise G, Camille S, Johan L, Laurent M, David M, Guillaume H, et encore pas mal d’autres. Une vision de la rencontre festive et des souvenirs qu’elle a laissé dans mon esprit.

05 « Sally » Le texte est sorti tout seul, comme la musique. Quelque chose comme cinq ans plus tard j’ai saisi que c’était une chanson dure et dramatique, sur le thème houleux du consentement.

06 « Chambre d’hôtel » c’est après avoir vu les film « in the mood for love », « trainspotting », et écouté « la chambre » de Kat Onoma que j’ai imaginé qu’il pourrait exister un folklore dramatico-amoureux de la chambre d’hôtel, sans presque jamais y avoirs mis les pieds. J’ai noirci beaucoup de papier avant cette version du texte, que j’ai écrit dans un train de nuit pour Strasbourg, pour aller en co-composer la musique avec Laurent Moreau, pour Nolène.

07 « Quand tu n’as rien à dire » Un de mes frères, Rémi, était le bassiste de notre groupe « Helties Skelties », qu’on avait monté avec Damien, un de ses potes. Il m’avait fait découvrir les BB Brunes, j’étais fan. Je voulais écrire quelque chose d’aussi efficace qu’eux, en renvoyant au public les reproches que les gens qui n’aimaient pas les BB Brunes leur faisaient, notamment qu’ils étaient soi-disant trop jeunes pour pouvoir faire du rock.

08 « Une histoire » pour parler de ce besoin qu’on nous raconte des trucs avant de dormir. De la même façon que les enfants ont besoin qu’on leur raconte une histoire, les adultes aussi en ont besoin. C’est pourquoi il y a des séries, des podcasts, des débriefings, des coups à boire entre copains… Tout ça, ce ne sont que des « histoires » que l’on se raconte, pour construire le monde, pour le comprendre, et évoluer dedans.

09 « Et si » n’est nullement autobiographique. C’est comme un rêve mis en chanson. J’ai essayé d’utiliser une formule, avec des personnages, une ambiance, etc. J’ai pris la chanson comme un terrain fictionnel pur, dans lequel on ferait croire que c’est de l’ordre du journal intime. Une fausse intimité.

10 « On n’a pas besoin » parle d’un idéal de couple libre et bourgeois dont on parle à longueur de films français. L’amour comme terrain de jeu, avec ses limites floues, ses règles, ses mythes. L’amour comme promesse d’émancipation. L’amour comme sécurité. L’amour comme une réponse à des besoins. Avec ce genre de modèle qu’on nous a vendu avec Simone de Beauvoir et Jean Paul Sartre, avec Jacques Dutronc et Françoise Hardy. Des trucs de gestion d’indépendance. Tiens à ce propos, j’ai adoré écouter le podcast « sauver l’amour » d’Ovidie. Cette écoute m’a enrichi. Ça m’a apporté un regard frais sur ce genre d’idées. Comme le dit Laurent, un de mes mentors, « le couple comme entité politique ».